Ramsay Santé
Hôpital privé Clairval

Accidents cardiovasculaires : rééduquer pour mieux guérir

A l'hôpital privé Clairval le Dr Olivier Missenard, cardiologue spécialisé en réadaptation cardiaque, revient sur les bénéfices de la réadaptation cardiovasculaire. Une équipe pluridisciplinaire accueille les patients après leur séjour à l'hôpital, pour une prise en charge globale.

Accidents cardiovasculaires : rééduquer pour mieux guérir

Bien souvent, les accidents cardiovasculaires (infarctus[1], insuffisance cardiaque[2] etc.) sont des manifestations aigues d’une maladie chronique. Pour corriger les facteurs de risque et prévenir les récidives, des centres de réadaptation cardiovasculaire existent. À l’Hôpital Clairval (Marseille, Provence-Alpes-Côte d’Azur), une équipe pluridisciplinaire accueille les patients après leur séjour à l’hôpital, pour une prise en charge globale.

Le Dr Olivier Missenard, cardiologue spécialisé en réadaptation cardiaque et Young Ambassador pour la France auprès de la Société Européenne de Cardiologie Préventive revient sur les bénéfices de la réadaptation cardiovasculaire.

Des bénéfices au long cours

La réadaptation cardiovasculaire reste peu connue des médecins et du grand public. « Pourtant, cette prise en charge qui mise sur le long terme, diminue de 25 % le risque de récidive ou de mortalité chez le patient bénéficiaire ! », explique le Dr Missenard. À Clairval, les patients sont reçus pour une durée d’environ 3 semaines, en hospitalisation complète ou en hôpital de jour.

La prise en charge proposée repose sur trois piliers :  l’entrainement physique, la prévention et l’éducation thérapeutique. Cardiologues, médecins généralistes mais aussi kinésithérapeutes, infirmiers, assistants sociaux, tabacologues, psychologues, sophrologues ou encore nutritionnistes, accompagnent les patients pour leur permettre de repenser leur mode de vie et anticiper d’éventuelles récidives. 

Rendre le patient acteur de sa maladie

« L’activité physique sous surveillance médicale est la pierre angulaire du parcours de soins. Cela permet de lutter contre les facteurs de risque comme l'hypertension, l'excès de cholestérol, le stress ou encore la dépression, et améliore significativement les capacités des patients et leur qualité de vie ». Les médecins conseillent généralement aux patients de pratiquer une activité physique modérée au moins 30 minutes par jour, sans excès.

Le volet « prévention » vise à optimiser les traitements médicamenteux pour corriger les facteurs de risque, et à apprendre aux patients les bonnes pratiques en matière d’hygiène de vie. Arrêt du tabac, nutrition, pratique régulière d'une activité physique adaptée… l’important pour le patient est de prendre de nouvelles habitudes et de combattre les effets délétères de la sédentarité[3].  « La majorité de nos patients est âgée de plus de 50 ans… Mais nous avons aussi quelques exemples de personnes plus jeunes, qui sont atteintes de maladies cardiovasculaires favorisées par l’obésité, la sédentarité ou le tabac… Il est donc primordial de faire un réel travail de fond pour repenser les habitudes de chacun ».

Enfin, l’éducation thérapeutique donne la possibilité aux patients de suivre une vingtaine d’ateliers (individuels ou en groupe) permettant d’échanger, de poser des questions et d’acquérir des compétences pour gérer sa maladie. « Aujourd’hui, on ne peut plus se contenter de simplement prescrire des médicaments sans plus expliquer au patient de quoi il souffre. Il a été prouvé qu’un patient autonomisé a bien plus de chance de contrôler sa maladie. Ce type de parcours de soin devrait être systématique dans les suites d’accidents cardiovasculaires », conclut le Dr Missenard.

Chaque année au printemps, l’hôpital organise une réunion scientifique visant à sensibiliser la communauté médicale et paramédicale de la région au travail des centres de réadaptation cardiovasculaires. Initialement prévue au mois de juin, celle-ci a été annulée en raison de l’épidémie de Covid-19.

 


[1] Obstruction d’une artère qui alimente le cœur en sang.

[2] Incapacité du cœur à maintenir une circulation sanguine permettant de subvenir aux besoins de l'organisme.

[3] Définie comme le fait de rester assis au moins 7 heures par jour, ce qui représente un danger pour l’organisme.