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Nouvelle journée de sensibilisation à l’existence des cancers ORL

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Le samedi 13 octobre se tiendra au sein de l’Hôpital Privé Clairval la conférence annuelle de cancérologie ORL, destinée à tous les personnels de santé. Le but ? Sensibiliser les professionnels à l’existence des cancers de ce type, afin de les dépister à temps et ainsi augmenter leur chance de rémission. Une conférence organisée entre autres, par le Dr Jérôme Paris.

Nouvelle journée de sensibilisation à l’existence des cancers ORL

Retrouvez le programme de la journée de formation à destination des profesionnels de santé qui se déroulera le samedi 13 octobre au sein de l'HP Clairval :

 

 

Interview du Dr Jérôme PARIS

A l’arrivée du Dr Jérôme Paris au Département de Chirurgie Cervico-faciale et ORL à l’HP Clairval, il y a une douzaine d’années, les problématiques clés du cancer ORL étaient doubles: 

  1. La France est le pays le plus touché d’Europe par les cancers ORL, plus précisément les carcinomes épidermoïdes ORL, “anciennement appelé “le cancer du fumeur””, explique le Docteur Paris. A l’échelle mondiale, la France vient se placer 2e, derrière l’Inde.
  2. En dehors du nombre de cas très important en France, l’autre préoccupation majeure, c’est qu’une très grande partie des patients (environ ⅔) entrent en consultation à des stades déjà très avancés (stade 3 sur une échelle de 1 à 4), où la tumeur a beaucoup évolué. Et plus la maladie est avancée, plus les chances de guérison sont faibles. 

 

“Nous rencontrons un des plus importants taux de mortalité lié à ce type de cancer. Sur 100 patients qui sont pris en charge à l’HP Clairval, tout stade, âge, sexe etc confondus, le taux de mortalité est de 50%, cinq ans après leur venue à l’hôpital. Si ces patients étaient venus 4 à 6 mois plus tôt (stades 1 ou 2), avant que leur maladie n’évolue, différents travaux ont montré que leurs chances de survie montaient à 85, voire 90%”, prévient Jérôme Paris.

 

Informer, mais surtout former

Mais là où il était important d’agir, c’est au niveau, certes, de l’information, mais surtout de la formation. Car oui, si les tumeurs avaient déjà atteint des stades 3 ou 4 au moment du diagnostic, c’est aussi parce que le corps médical n’avait pas été en mesure de délivrer une interprétation juste des symptômes débouchant par la suite sur un cancer.

“Nous avons vu des centaines de patients venir avec la voix cassée, et penser qu’ils avaient une laryngite depuis trois mois. C’était en fait un cancer. Un bouton de fièvre depuis quatre mois ? Un cancer de la lèvre”, explique le docteur Paris.

Il existe un vrai défaut d’information auprès de la société civile. Peut-être parce que, historiquement, le cancer ORL était considéré comme le cancer lié à l’alcool et au tabac, et que son image ne suscitait pas les même réaction, ne suscitait pas la même mobilisation que le cancer du sein, tout de suite synonyme d’injustice pour une femme qui n’avait rien à se reprocher, contrairement à la maladie contractée par le fumeur, pour laquelle on peut justifier le lien de cause à effet.

 

Bousculer les idées reçues

“Pourtant, un événement est venu bousculer les idées reçues, grâce à l’American Head and Neck Society (AHNS). C’est un mouvement de sensibilisation, de dépistage, lancé aux Etats-Unis, sur ces cancers ORL dans les années dès 2007 pour le grand public. En effet, en plus d’être très fréquent, nous avons vu apparaître de plus en plus de patients n’ayant jamais bu, ni fumé, beaucoup plus jeunes de surcroît, être atteints de cancers ORL”, annonce le docteur Paris.

Le paradigme a volé en éclat. Finalement, personne n’est épargné. Un mal pour un bien, qui a permis de modifier l’approche de la société civile, d’arrêter de stigmatiser le fumeur auparavant montré du doigt, qui devenait petit à petit notre voisin, notre sœur, etc.

La raison à cette évolution ? “On s’est aperçus que la maladie est liée à un virus, le HPG, Human Papillomavirus. Ce virus est un cousin du virus HPV, au niveau du col de l’utérus, chez la femme. Lors de rapports sexuels directs (oraux ou génitaux), il va pouvoir coloniser la sphère ORL. Puis à partir de la sphère ORL, certains individus – qui ont contracté ce virus HPV et qui ont une sensibilité génétique – vont pouvoir développer un cancer ORL sans avoir jamais bu jamais fumé. Certaines personnalités médiatiques, comme Michael Douglas, ont voulu communiquer sur le sujet, témoigner. C’est par ce biais là aux Etats-Unis, à travers des vidéos, que le grand public a été sensibilisé.

 

En France, l’European Head and Neck Society, a repris l’idée, et organise, coordonne, également une journée nationale de sensibilisation à l’existence du cancer ORL pour le grand public.

En pratique ? Des interventions à la radio, à la télé, pour bien faire passer le message, et ne négliger aucun signe. “Maux de gorge, voix cassée, boutons de fièvre… des symptômes que nous avons tous eu un jour, mais qui au bout de 3 semaines de persistance, ne doivent pas être laissés sans surveillance, répète le docteur. Il suffit juste d’y penser. Un simple examen de consultation, en 5 min, dans 99,9% des cas, permet de poser une forte suspicion”.

 

A l’HP Clairval, elle se tiendra le samedi 13 octobre, destinés à tous les personnels de santé, comme les dentistes, qui détectent une anomalie bucco-dentaire; les médecins généralistes, qui auront tendance à surveiller les gorges, oreilles etc. des patients; les infirmiers/ères, qui ont des rôles de référents médicaux dans les familles qu’elles visitent, et les ORL. Durant la journée se tiendront une dizaine de conférences par tous les praticiens spécialisés qui interviennent dans la prise en charge de ce cancer: “les praticiens qui vont faire des bilans d’imagerie (radiologues), qui ont un rôle fondamental; les médecins nucléaires (qui réalisent le TEP Scan, un examen qui en une seule image, permet de repérer les zones suspectes dans le corps entier), les gastro-entérologues, qui établissent un bilan du tube digestif et de l’œsophage, les chirurgiens ORL, que je représente, qui coordonnent la maladie, en gros le chef d’orchestre, les chirurgiens reconstructeurs, avec qui on travaille en collaboration, pour réparer les mutilations.” Car en plus d’être jeunes, et non-fumeurs parfois, les patients profiteront tous d’une reconstruction dans le même temps, une reconstruction synchrone à l’exérèse de la chirurgie. Une seule opération pendant laquelle on va enlever le cancer, guérir, et en même temps, reconstruire, afin de pouvoir parler, manger normalement et garder une apparence normale du visage.

 

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